01 janvier 2012

25 décembre : Manip Skua

Nous avons fêté noël comme il se doit, avec la veillée, les cadeaux, et le bon repas qui va avec. C’était un noël pas comme les autres, mais un noël quand même. Cela dit, je repartais sur le terrain le lendemain, à 7h, pour la manip Skua, aux Tourbières. Pour commencer, les Tourbières sont un endroit protégé de l’île, dont l’accès est limité au seul manip scientifique, pour deux raisons : l’écosystème (principalement constitué de mousses) y est très fragile, voilà pourquoi on a dû se déplacer en raquette, et deuxièmement c’est que niche les skuas, mais surtout les albatros d’Amsterdam, oiseaux endémique de l’île et que l’on ne trouve qu’ici. Il y a une quarantaine de couple nicheurs, les seuls au monde, c’est donc une espèce qui peut facilement disparaître si l’on n’y fait pas attention. Ceci étant dit, nous nous montions là-haut (oui c’est sur le plateau sommitale de l’île) pour réaliser des prélèvement sur les skuas. Les skuas sont des oiseaux prédateurs et charognards. Ils se nourrissent des poussins ou œufs d’autres oiseaux, c’est le « chasseur » de l’île. Le but de la manip était d’attraper quelques poussins et adultes pour leur faire des prises de sang, des prélèvements de plumes, et de salive, et autres mesures morphologiques. C’est tout un sport de les attraper, de se débattre pour les maintenir en place et ne pas qu’ils bougent pendant la prise de sang. C’est surprenant la puissance qu’un oiseau peut avoir dans le bec, un bon pincement au doigt ou ailleurs, vous remet d’attaque illico. Une fois le calme revenu, que tout le monde et apaisé, que les prélèvements peuvent commencer, on se laisse vraiment attendrir par cette petite boule de plume, au cœur battant la chamade, …enfin jusqu’à au moment ou il en ait marre, et qu’il vous pince un bout de peau au hasard ! Ce fut finalement magique d’approcher de si prêt l’intimité de ces oiseaux, et d’appendre et comprendre un peu mieux leur comportement. On vit le moment à fond, sans réfléchir, mais c’est seulement lorsque l’on reprend la route pour la base, que l’on réalise que nulle part ailleurs il n’est possible de faire.

Au début de la Tourbière

Manipulation d'un Skua
Envol de skuas

Poussin

Les skuas sont curieux, ils aiment bien venir voir ce qu'il se passe

24 décembre : Manip Perle

4ème jour sur base, et me voilà déjà en vadrouille !
Ce que l’on appelle « manip », se sont en somme toutes les sortis du périmètre de sécurité. Les « ornitho » (ornithologue et biologiste), on généralement besoin de bras pour manipuler les animaux (albatros, gorfous, mais aussi otaries), ou d’yeux pour inspecter des colonies, on sort donc à tour de rôle (et surtout en fonction de nos disponibilités) pour accompagné l’ornitho. Voici un exemple de manip. Ensuite il y a les manips dites « loisirs », c’est-à-dire que pendant notre temps libre on peut sortir de la base (toujours par groupe de trois minimum par mesure de sécurité) pour se balader, bivouaquer,…
Ma première manip, ce 24 décembre donc, a consisté à accompagner Pascal, un ornitho travaillant pour la Réserve Naturelle des TAAF (ResNat dans le jargon), pour un travail de repérage et de comptage des nids d’albatros fuligineux tout au long de la falaise Perle, la grande falaise de l’ouest de l’île. Ce fut pour moi la grande découverte de l’île, de sa végétation, et de ses reliefs. Nous avons marché 8h, le temps de faire l’aller et le retour. A cet endroit « délaissé » de l’île, il n’y a pas de chemin, il faut donc se débattre entre les roches volcaniques et les sirpes, de grandes plantes formant des touffes relativement volumineuses. Un vrai régal (et pas mal de courbatures après 3 semaines d’inactivités sur le bateau !)

Falaise Perle (au loin l'Austral seul bateau de pêche ayant le droit de pécher dans ces eaux)

23 décembre : L’intégration sur base.

Cette journée post-OP nous a permis, à Erwan et moi, de passer du temps avec nos prédécesseurs (prédécesseuses), Anaïs et Aurélie. On a bien pu faire le tour de la base et des différents  appareils qui deviendront les notre de jours en jours. Sur ce boulot, nous avons un gros avantage Erwan et moi, c’est que nous sommes deux pour faire le boulot, caractéristiques unique, ainsi un des deux peut s’absenter, se balader, ou même tomber malade, pendant que l’autre gère le travaille de la journée. Cela nous permet de partir plus souvent en « manip », avantage que nous n’avons pas traîné à exploiter !

L'OP

Avant toute chose, merci à tous pour mon anniversaire, pour vos messages et votre soutien. Nous voici en 2012 maintenant, alors BONNE ANNEE à tous. J’ai une grande pensée pour tout le monde, alors que l’on vient de faire le grand saut vers 2012, 4h avant vous.

10 jours que nous sommes arrivés, et déjà tellement de chose à raconter !!

Il va falloir que je me mette à l’œuvre pour mettre à jour tout çà. Commençons par le commencement, l’arrivée, l’OP (Opération Portuaire pour ceux qui n’auraient pas suivi).

19-22 Décembre : l’OP

Cela fait donc maintenant 10 jours que nous sommes arrivés enfin à destination : l’île d’Amsterdam !!! Après un court passage devant l’île Saint Paul et son magnifique cratère, le Marion a mouillé au large de la base Martin de Viviès au alentour de 16h. Ce fut un grand moment d’émotion de voir ces petites maisonettes, collé les unes aux autres aux pieds de cet imposant volcan. Ce qui choque, la taille de l’île, on en voit presque les deux bouts depuis le bateau. Accoudé au bastingage, une multitude de pensée traverse votre esprit à ce moment : « c’est donc là que je vais habiter ! »,  « C’est jolie, mais c’est quand même pas grand », «est-ce que je vais m’entendre avec les gens que je vois dans mes jumelles ? » et même « je vais faire çà, est-ce que j’en ai vraiment envie en fait ? ». Mais toutes ces rêveries s’envolent bien vite quand la porte de l’hélico coulisse, que vous embarquez, et que vous vous faites « catapulter » directement à terre. Pour rigoler un peu, nous avons tous débarqué en tongs, short de bain et crème solaire, genre arrivée au Club-Med. Cela a fait son petit effet. Mais au fond on en menait pas très large avec nos grands sourires, on se retrouvait au milieu de personnes qu’on ne connaissait absolument pas, au milieu de nulle part, dans un chez nous qui n’était pas encore le notre…Mais après un bon apéro, nous commencions déjà à être un peu chez nous J
La base est la plus « belle » des TAAF. Déjà parce qu’elle a des arbres, pas endémiques malheureusement, mais des beaux cyprès, quelques fleurs et du gazon. Quelques détails que les anciens hivernants de Kerguelen et Corzet ont plutôt bien apprécié en débarquant. Les bâtiments sont organisés comme dans un petit village : la place principales avec les pompier et le bureau du « maire » (le chef de district d’Amsterdam, ou « DisAms » dans le jargon). Seule la chapelle n’est pas là, totalement excentrée de la base, c’est un vrai lieu de recueillement. Puis viennent se greffer autour les autres bâtiments : les logements (« l’Albatros », « Sterne », …), le BCR (local de la Radio et de la gérance postale), le « Skua «  (bâtiment de vie commune avec la salle à manger, le bar, le baby-foot, le billard, ….), Géophy (les bureaux des VAT), et pleins d’autres. Il faudra que je vous fasses un petit plan détaillé de la base un de ces jours.
Suite aux présentations et aux festivités, s’en est suivi les deux jours d’OP permettant le ravitaillement de la base en nourriture, carburant, et autres matériels scientifiques. J’ai été mis à la tâche dès le premier jour à 7h, j’étais « playmobile ». C’était à dire que déguisé tout en rouge avec mon casque, et ressemblant effectivement à un playmobile, je devais accueillir l’hélico sur la DZ, soit pour faire descendre ou monter des personnes, soit pour décrocher ou raccrocher des charges sous l’élingue. Un travail excellent…enfin les 10 premières minutes. Etant d’astreinte toute la matinée, et bien il faut attendre dans notre déguisement que l’hélico arrive. Quand soudain la radio s’agite, elle annonce l’arrivée de passagers, on court à la DZ, on attend près à entrer en action,…., re-la radio, 5 minutes plus tard, elle annonce que finalement l’hélico est reporté, alors on attend. En tout cas, même si çà m’a paru long, çà a eu le mérite de me donner l’impression de faire quelques choses d’utile pour la première fois depuis 3 semaines.
Après tout le côté logistique, est venu la fin des deux jours, et l’inévitable départ de quelques anciens…pour la énième fois nous avons été témoin des embrassades générales, des têtes baissés et regards livides, des larmes. Comble du sort j’étais pour la deuxième fois playmobile, je tendais donc leur gilet de sauvetage aux embarquants, et refermais la porte de l’hélico sur ces trois anciens qui auraient tout donné pour rester, un rôle pas très agréable. Je ne vous fais pas un dessin pour vous décrire l’ambiance sur la base à ce moment, chacun étant plus ou moins affecté par cette nouvelle « rupture ». L’ensemble de la base c’est donc retrouvé au bord de la DZ, affalé sur la pelouse, face à la mer. Quelques blagues et souvenirs volaient entre deux larmes, des rires jaunes accrochés aux lèvres, le Marion passant à nos pieds. La sirène de la caserne c’est mise à hurler, la corne de brume du Marion a répondu dans la foulée, l’ultime au revoir avant de voir disparaître au large notre seul lien avec le reste du monde.


Conditionnement du poisson frqis en quittant Saint Paul


Amsterdam, base en vue !!!


Toute l'équipe de VAT sur la DZ du Marion, en tenu pour un an de club Med !


Arrivée sur base


16 décembre 2011

Kerguelen !!

Tout va très vite !

La dernière fois que j?écrivais, nous quittions Crozet, en ce moment
nous quittons Kergelen, entre temps?beaucoup de choses !
Grâce au concours de l?OPEA (chef des OP sur le bateau) et du DISKER
(Chef de district de Kergelen), nous avons pu descendre tous les jours
à terre, et même y dormir certaines nuits. Dès le premier jour nous
sommes parti en rando, plutôt « manip loisir » comme on appelle çà
dans le jargon TAAFien. Nous étions trois, le chef de manip (Alain,
un météo de la base), Jérémy (l?ornitho d?AMS) et moi, direction la «
grande cascade ». La base de Kergelen, Port aux Français (ou PAF dans
le jargon), est sur la péninsule Courbet, une péninsule relativement
plate. C?est donc sur ce terrain monotone que nous sommes parti, au
milieu des champs de cailloux ou des zones marécageuses,
successivement. Il n?y a pas de chemin dans ces contrées, il faut donc
tracer sa route. On surprend des nuées de lapins, amenés sur l?île par
l?homme mais qui actuellement se multiplient de manière dramatique
pour l?écosystème local, et parfois des chats, également amenés par
l?homme, pour chasser les lapins, mais qui avec le temps ont compris
qu?il était bien plus simple de manger les oiseaux nichant au sol,
plutôt que les vifs lapins, une autre catastrophe écologique. C?est
après trois heures de marche, dans un terrain pseudo-lunaire, que nous
sommes finalement arrivé à cette fameuse cascade, véritable oasis,
digne de ses semblables alpines. Le soleil étant de la partie, nous
avons passé un bon moment au pied de cette chute, avant de repartir en
réalisant un petit détour par la côte. C?est en arrivant en bord de
mer que nous sommes tombé sur une colonie de manchots papou, puis d?un
nombre uncalculable d?éléphants de mer. Encore une fois une grosse
surprise face à cette nature docile et accueillante. Retour à la base
après 7h de marche, avec des coups de soleil comme nous n?en avions
jamais eu ailleurs, et avec les jambes bien lourde, conséquence de
notre inactivité critique sur le bateau.
Les 3 jours suivant furent plus monotones. Chaque nouvel hivernant de
KER prenant petit à petit ses quartiers et débutant sa formation avec
son prédécesseur, nous nous retrouvions, nous les futurs hivernants
d?AMS, un peu penauds et pas à notre place. Pas évident du tout
d?attendre son tour lorsque l?on est les derniers de la liste. La
leçon de la semaine : la patience.
L?émulsion générale aidant, ces quelques jours furent également
cadencé au rythme des soirées et de quelques nuits blanches, plus
conviviales les unes que les autres. C?est avec le c?ur gros que nous
avons donc quitté PAF cette après midi. Il est étrange de voir les
liens que l?on peut créer avec des personnes qu?on ne connait que
depuis 15 jours. C?est çà aussi la magie des TAFF, une grande famille
qui se construit autour de cette épopée australe. Alors Jade, Tiphène,
Nat, Baptiste ? et tout les autres, j?espère sincèrement qu?on aura
l?occasion de se recroiser.
Pour moi, ce soir, un voyage se termine, celui de la traversée, du
bateau, et un autre commence, celui d?Amsterdam, celui qui durera un
an. Dans deux jours nous devrions être sur le district. Nous serons
bientôt chez nous, nous pourrons enfin poser notre sac.

L?aventure continu, et toujours avec un regard d'enfant, avec des
étoiles plein les yeux !


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10 décembre 2011

Premières nouvelles du Grand Sud !

Avant toute chose, un grand merci à tous pour avoir pensé à mon
anniversaire, çà m?a fait vraiment plaisir.

Voila maintenant une semaine jour pour jour que je suis en mer.
Maintenant que j?ai trouvé comment alimenter mon blog, je vais essayer
de vous retracer tout ce qui c?est passé, car se fut dense.

Après un long vol de plus de 10h, nous sommes arrivé à la Réunion le 2
décembre au matin, et avons appareillé le soir même. Le voyage a
vraiment commencé à ce moment précis, en voyant le bateau se détacher
du quai, et la proue se braquer vers 180° Sud. L?expression « lâcher
les amarres » n?a jamais eu plus de sens à mes yeux qu?à ce moment
précis. Peu de temps après avoir quitté le port l?hélicoptère de la
mission a rejoint le bateau, la cerise sur le gâteau.
N?étant pas marin pour un sou, la première chose qui marque lorsque
l?on navigue, c?est ce roulis permanant. Même en y ayant déjà un peu
goûté, là on se dit « çà va être comme çà pendant 3 semaines ?!». Et
bien finalement çà va mieux que prévu. Je n?ai pas pris un seul
médicament (les fameux Mercalm), et toujours d?aplomb. D?autres à bord
n?ont pas cette chance, et savourent beaucoup moins bien le trajet.
D?ailleurs pour la parenthèse, çà me préoccupe un peu parce que j?ai
le mal des montagnes et pas le mal de mer?je crois qu?il va falloir
que je recadre un peu mes centres d?intérêts !!
Le bateau, le Marion Dufresne, mesure plus d?une centaine de mètre et
est tout équipé pour les mers australes et le déploiement de matériel
pour alimenter les différentes bases scientifiques. Nous sommes
actuellement deux part cabine, et les journées sont rythmées par les
repas et les soirées au petit bar. Les activités sont suffisamment
diversifiées pour ne pas (trop) s?ennuyer : petite salle de projection
vidéo, espace sport (vélo d?appartement, table de ping-pong,
altères,?.), espace bar-détente avec baby-foot,?
Le troisième jour de navigation a été marqué par l?apparition des
premiers oiseaux marins (Pétrels à menton blanc, et Grands Albatros).
Ils suivent en général un peu les navires, habitués aux bateaux de
pêche. C?est assez hallucinant de les voir raser les courbes des
vagues sans jamais battre des ailes !! J?ai appris que tout ces
oiseaux (et notamment les « Alba » comme on les appelle) passe une
immense partie de leur temps en mer et ne vont à terre que pour se
reproduire. Il faut en sommes s?imaginer des oiseaux qui volent en
permanence et ne se posent presque jamais ! Ils maîtrisent tellement
les « voles planés », qu?ils ne consomment pas plus d?énergie en
l?air qu?à l?arrêt, sur terre !! Depuis se jour, la faune n?a cessé de
se diversifier en mer : Pétrels géantes, manchots royaux, baleines à
bosses,?
Impatient, et entrant dans une certaine routine sur le navire, nous
sommes arrivé le 7 décembre au large de l?archipel de Crozet. Terre en
vue !!?enfin presque. Nous nous étions levé à 4h du matin pour voir
l?arrivée au large de l?île principale, seulement tout était absorbé
dans un épais brouillard. « La magie des TAAF » comme le dis si bien
le responsable de la logistique. Il aura fallu attendre 10h pour que
le rideau se lève et nous laisse entr?apercevoir les falaises de l?île
de la Possession. Grand moment et immense satisfaction de revoir la
terre. A partir de là l?OP (Opération Portuaire) a pu commencer, et
tout c?est accéléré. L?OP devant durer trois jours, il ne fallait pas
perdre une minute pour commencer les déchargements et rotation en
hélicoptère et barge. Comble du hasard, je me suis retrouvé sur la
première liste pour débarquer, j?ai donc fait mon petit sac en vitesse
(appareil photo, jumelles, gore-tex,?) et me suis dirigé rapidement à
la DZ (Drop Zone, la « piste d?atterrissage » de l?hélico). Attente
dans le couloir,?soudain la porte s?ouvre, nous nettoyons nos
chaussures (pour éviter l?importation de graines sur l?île), enfilons
nos gilets de sauvetage et déjà le technicien, devant les portes de
l?hélico en marche, nous fait signe d?embarquer?la suite,? un vol
mémorable au dessus de l?eau puis des falaises sauvages avant de
rejoindre, beaucoup trop rapidement, la DZ de la base. L?équipe sur
place nous accueille et nous convie à un énorme buffet préparé pour
l?occasion. Etant en dessous du 40ème parallèle sud (les fameux 40ème
Rugissants), l?île est relativement aride. Il persiste ici et là
quelques espaces de verdure s?établissant à l?abri du vent violent qui
souffle en quasi permanence dans ces contrées, le reste n?est que
roches volcaniques et lichens à perte de vue. Sensation un peu
lunaire. Le repas terminé, dans la salle principale ornés de
l?ensemble des trombinoscopes artistiquement élaborées des différentes
missions, nous avons l?après midi pour découvrir les alentours de la
base. Pour ma part, j?ai utilisé tout se temps libre pour découvrir la
manchotière, et pour cause ! C?est par une petite piste en terre
battue, à 1,4 km de la base, et descendant vers le rivage, qu?il est
possible d?atteindre cette fameuse manchotière. La première chose que
l?on ressent en descendant, c?est tout d?abord le bruit de que çà
fait. Un tumulte chaotique de « chants ». En s?approchant un peu plus,
c?est le nez qui est pris au dépourvu, une odeur vous attrape les
sinus, un peu comme le fumier en arrivant dans une ferme. Et pour
terminer, en débouchant dans l?estuaire, ce sont les yeux qui se font
surprendre. Là, au bord de l?eau, se masse plusieurs milliers de
manchots royaux ! Un spectacle impressionnant. En se rapprochant
encore plus, on réalise également que toute cette nature, que se soit
les manchots ou encore les skuas, les chionis ou les éléphants de mer,
n?est pas craintive de l?être humain, elle fait même preuve de
curiosité. Il n?est donc pas exceptionnel de voir quelques manchots
s?approcher à moins d?un mètre de soi pour observer et analyser cet «
étrange individu ». Il serait difficile de décrire plus cette osmose,
mais on a vraiment l?impression d?appartenir au paysage, de faire
parti de cette nature. Les heures défilant inlassablement, il fallu
repartir au bateau. Après quelques coups de manche et de palonniers,
nous étions de retour dans nos quartiers, des étoiles pleins les yeux.
Nous avons dit au revoir aux quelques VATs (terme utilisé pour nous
décrire, nous les Volontaire scientifiques), qui restaient sur l?île.
Nous avons levé l?encre hier soir en direction de l?île Kergelen. Il
est frustrant de voir et de sentir pleins de choses sur cette île mais
de savoir que ce n?est pas encore notre tour, qu?il nous faut encore
attendre deux semaines avant d?atteindre « notre » île !! La patience
et de rigueur alors nous retournons à nos activités dans le bateau.

D?un point de vue pratique, je peux recevoir et envoyer des mails sur
le bateau. Mon adresse :

boris.bouillard@marion.ipev.fr

J?en profite pour vous dire qu?il n?est pas facile de tous vous
répondre individuellement, alors ne m?en veuillez pas trop si certains
mails restent sans réponse. Mais en tout cas ils me font tous vraiment
plaisir.

Je ne peux malheureusement presque pas envoyer de photos en raison des
restrictions de débit dû à la connection satellite. En voici quand
même quelques unes :


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01 décembre 2011

The last message

Voilà, le jour du départ est finalement arrivé.

Je prends ce soir mon avion pour la Réunion, avant d'embarquer sur la petite pirogue,  qu'est le Marion-Dufresne, pour 21 jours de navigation.





Arrivée prévu le 22 décembre sur base. D'ici là impossible de dire si on aura facilement une connection internet, alors dans le doute, bon vent à tous !